
Les principes fondamentaux du Tarot réaliste
➜ Une voie, un engagement
« Préférer la clarté à l’obscurité »
Déclaration de principes du Tarot réaliste
La liste des principes fondamentaux du Tarot réaliste constitue presque une charte éthique. Et pour cause, le Tarot réaliste est une démarche qui dépasse la stricte étude historique du tarot et qui l’englobe, dans le but d’emmener plus loin ceux qui suivent cette voie : au seuil d’un nouvel horizon encore vierge, lumineux, où l’on parle du tarot d’une façon différente, et où on l’envisage dans son intégrité originelle, si tant est que cela soit pleinement possible.
Pourquoi parlé-je d’une charte éthique ? Parce que les principes fondamentaux du Tarot réaliste dessinent les contours d’une démarche qui, pour obtenir des résultats probants, doit se tenir du mieux qu’elle peut à certaines règles issues de la science universitaire telles que la rigueur méthodologique, la loyauté des sources, l’honnêteté intellectuelle, ou encore la prise en compte du travail des autres chercheurs, spécialement lorsqu’il met en lumière des enjeux susceptibles de faire évoluer notre compréhension du tarot.
Ainsi le Tarot réaliste n’est-il pas qu’une école de tarot, ou qu’un cadre de recherche, ou qu’une discipline historique, il est au fait tout cela à la fois : il s’agit d’une entreprise plus globale qui a recours au maximum d’outils conceptuels disponibles, afin d’offrir une nouvelle perpective à la tarologie contemporaine. Une perspective d’avenir tournée vers la question du sens, la valorisation de la connaissance, la diffusion des savoirs et la justesse du discours.
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Les principes fondamentaux du Tarot réaliste
1. Lire et comprendre les documents scientifiques qui traitent du tarot : c’est ce que j’ai nommé « la science du tarot »
Tendre constamment vers le dressement d’un état des lieux (status rerum), d’un état de l’art (state of the art) et de l’essai d’une synthèse. Il s’agit là d’un acte de reconnaissance, mais également d’un acte d’humilité face à la méthode scientifique qui, par essence, détruit les mythes auxquels on croit naturellement.
Il est à noter que l’étude scientifique — historique, universitaire — du tarot n’abolit ni la pratique de ce jeu ni son utilisation dans d’autres indications telles que la thérapie, le photolangage ou même la divination. Chacun est libre d’employer le tarot comme il le souhaite. Aujourd’hui, le tarot est un héritage de l’Italie de la Renaissance âgé de bientôt six siècles, passé dans le domaine public et appartenant donc à tous, de la même façon que d’autres objets mémoriels qui nous viennent d’autres temps, comme les croquis de Léonard de Vinci ou l’histoire de Jeanne d’Arc. Le passé est un bien commun que chaque humain a en partage.
Alors, pour définir une fois pour toutes et convenablement son cadre : la science du tarot permet tout simplement de produire des savoirs objectifs et cumulatifs à son sujet, donc d’accroître notre connaissance et notre compréhension de cette œuvre unique au monde.
C’est à ce titre qu’elle est précieuse — et qu’elle ne peut souffrir d’ailleurs, à mes yeux, en termes de méthodologie, aucune concurrence venant des autres voies tarologiques contemporaines telles que « le tarot alchimique », « le tarot ésotérique », « le tarot divinatoire » ni même « le tarot psychologique ».
2. Distinguer l’étude de la pratique
Établir une distinction nécessaire entre l’étude objective, méthodologique et studieuse du tarot (son histoire, l’évolution de son iconographie, les hypothèses les plus sérieuses quant à ses significations) et la pratique : la pratique du tarot est un tout autre domaine qui n’a rien à voir avec l’approche scientifique. Il s’agit d’un autre espace-temps dans lequel le praticien s’affranchit des contraintes de l’étude et dans lequel il officie en toute liberté, selon sa propre éthique et la voie de prédilection qui est la sienne (thérapie, psychologie, coaching, divination, etc.). Dans cet espace-temps, le praticien laisse cours à son imagination, son intuition, sa sensitivité et son expérience. Il suit sa « boussole intérieure » et la « vérité du moment ». Il a souvent recours à des notions utiles dans ce contexte, comme « l’inconscient, l’inconscient collectif, les mémoires transgénérationnelles ». Dans l’étude du tarot, on aspire à définir chaque notion qu’on emploie. Dans la pratique, il n’y a pas cette obligation, le but étant d’aider l’autre ou de s’aider soi-même à comprendre le tirage, pour avancer positivement sur son chemin de vie. Chaque praticien aura son style et sa méthode, en fonction de son bagage et de sa personnalité.
Dans le Tarot réaliste, on pratique le tirage selon une perspective de travail sur soi, de conscientisation et de développement personnel. La méthode employée s’appelle le « tirage naturel ». Les mots-clefs sont ouverture, écoute, bienveillance et responsabilité.
3. Découvrir l’unicité du tarot et la revendiquer
Sortir de la schizophrénie des utilisateurs contemporains du tarot pour revenir à la santé originelle des anciens utilisateurs du tarot, qui n’avaient pas de mal à se figurer que cette œuvre est à la fois un jeu de cartes et un système du monde symbolique — pas seulement l’un ou l’autre.
À mon sens, clamer et démontrer que le tarot est un et indivisible, c’est sortir du plus grand mythe moderne forgé à ce sujet, à savoir « la thèse des deux tarots » qui prévoit qu’il existerait d’un côté un tarot ‘‘ profane ’’ auxquels joueraient les joueurs incultes, et d’un autre côté un tarot ‘‘ sacré ’’ que consulteraient les initiés. Cette thèse est farfelue et fausse, bien sûr : il n’y eut jamais qu’un seul et même tarot, dont l’iconographie varia au fil des siècles en fonction des cultures et des fabricants de cartes.
4. S’initier au jeu de tarot
Comment prétendre pouvoir comprendre le tarot si l’on ne sait pas y jouer ? En vérité, il paraît essentiel de s’initier aux règles du jeu de tarot, et j’entends par-là aux règles actuelles (le tarot français, par exemple), afin de saisir dans un premier temps l’esprit du jeu, toujours vivace.
Cette initiation nous permet dans un second temps, grâce aux archives et aux ouvrages publiés à ce sujet , de nous familiariser avec les règles du tarot telles qu’elles furent jouées jadis, selon les ères et les contrées — car les règles évoluèrent sans discontinuer, à l’image du reste d’ailleurs (tout ce qui concerne le tarot). Cet apprentissage permet finalement deux choses :
1. Se familiariser avec la double fonction du tarot : divertir et instruire.
2. Interpréter la signification symbolique du tarot aussi par son aspect ludique.
5. S’approprier un tout nouveau vocabulaire
Utiliser des mots porteurs de sens qui désignent la nature des choses. Sortir du gaslighting occultiste et rompre avec son lexique nébuleux qui vide le tarot de sa substance, obscurcit sa signification et nous maintient perpétuellement dans un état de confusion.
Dans le Tarot réaliste, il n’y a pas d’« arcanes majeurs », par exemple, expression dénuée de sens, forgée par un occultiste mal inspiré dans la seconde partie du dix-neuvième siècle. Il y a des triomphes, et à minima des atouts, ces mots précis renvoyant directement à la nature de la carte en question, à sa fonction symbolique et à son fonctionnement dans le jeu.
6. Poser l’hypothèse littéraliste
Découvrir, grâce à la lecture des historiens de l’art, qu’au quinzième siècle, de façon générale, un symbole était ‘‘ simple ’’ (mais pas simpliste) c’est-à-dire ‘‘ littéral ’’, afin d’être compris par celui qui en possédait la clef de lecture.
Se souvenir aussi qu’à l’époque à laquelle l’inventeur du tarot créa son œuvre, ni l’art abstrait, ni l’art contemporain, ni le concept moderne qui les accompagne et qu’on pourrait formuler de la façon suivante « Le sens de l’œuvre est dans l’œil de celui qui la regarde », n’existaient encore.
Supposer, par conséquent, que l’iconographie originelle du tarot était probablement claire (littérale), voulue ainsi par l’auteur dans le but de faciliter la lecture symbolique des joueurs. Basiquement, au quinzième siècle, si l’on ne savait pas lire l’iconographie symbolique des triomphes, on ne pouvait pas jouer au tarot.
7. Militer pour la valorisation du tarot historique auprès du grand public
Œuvrer à sa percée au jour et à sa renommée. Œuvrer à établir une véritable voie souveraine et légitime, au même titre qu’une autre. Une voie d’avenir pour le public soucieux à la fois de se sortir de l’ornière occultiste, et de cheminer dans une clarté retrouvée.
8. Postuler la nature humaine de l’inventeur du tarot
Ce postulat nous permet de nous prêter à un exercice d’empathie essentiel, celui de nous mettre à la place du créateur du tarot, afin de pouvoir tenter deux choses :
1. Imaginer la commande initiale du commanditaire — si commande il y eut.
2. Reconstituer le tarot originel (Ur-Tarot) tel qu’il fut designé par l’auteur anonyme.
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Et pour voir ces principes en action, forme-toi au Tarot réaliste !



Vraiment très intéressant !